Questão 24 (2º exame) da UERJ 2027 (francês)
Texto-base das questões 23 a 27 · 2º Exame de Qualificação
NON, LE CERVEAU N’A PAS D’ÉMOTION
Dans la division du travail intellectuel, les “neurosciences affectives” forment une subdivision des neurosciences réunissant des chercheurs autour de la question du rôle du cerveau dans la production des émotions. Certains d’entre eux considèrent que l’observation des structures cérébrales serait un moyen de révéler la véritable nature des émotions. Selon cette approche, les émotions doivent être définies comme des évènements cérébraux, des “états du cerveau”, qui peuvent être étudiés en faisant abstraction de la nature des stimuli qui les occasionnent et du détail des réactions motrices qui les suivent.
Malgré sa popularité, cette façon de voir n’est pas exempte de critiques. Pour le sociologue Louis Quéré, la définition neuronale des émotions reste extrêmement vague: parler “d’états du cerveau” ce n’est pas dire beaucoup plus que “il se passe quelque chose dans le cerveau”, ce qui nous apprend peu sur ce qu’est une émotion.
Des expressions courantes comme “le cerveau pense” ou “le cerveau prédit” illustrent cette confusion. Or, non, nous dit Quéré, le cerveau n’a pas d’émotion. Les états du cerveau, bien sûr, sont nécessaires aux réactions émotionnelles, mais cela ne suffit pas pour que l’on puisse attribuer ou localiser les émotions dans le cerveau.
Cette controverse est tout à fait représentative des deux camps qui divisent le champ de la recherche en neurosciences telle qu’elle est décrite par Quéré. D’un côté, le camp du “cérébrocentrisme”, qui réduit l’émotion à un état purement physiologique et même, dans les cas extrêmes, à un simple état du cerveau. De l’autre, le camp du “fonctionnalisme”, qui définit l’émotion comme un processus actif d’adaptation du vivant à son environnement.
Le sociologue propose de décrire les habitudes en termes de capacité, de savoir-faire: développer une habitude c’est devenir capable de répondre de telle ou telle façon à son environnement. C’est dans ce cadre qu’il nous propose de réfléchir sur les émotions: les “habitudes émotionnelles” sont ainsi autant de façons de se montrer capable de répondre affectivement à son environnement en superposant à la couche sensible de sa perception une couche affective par laquelle l’on sent qu’une chose est dangereuse ou sécurisante, triste ou gaie, irritante ou réconfortante, etc.
La perspective pragmatiste de Quéré pose les bases d’un dialogue entre les sciences naturelles et les sciences sociales. Chez les êtres humains, les habitudes comportementales sont des “habitudes sociales”, leur forme dépend largement du contexte socioculturel dans lequel elles se développent. La société dans laquelle nous naissons, ainsi que les institutions qui nous élèvent, participent à un processus de conditionnement social des corps et des esprits, au point où certaines de ces habitudes deviennent une seconde nature pour ceux qui les ont développées. Les habitudes émotionnelles ne font pas exception. Le monde social est traversé par des attentes normatives quant aux bonnes façons d’exprimer ou de réprimer nos émotions et les habitudes émotionnelles que nous contractons dépendent de la façon dont nous y répondons.
BENOÎT PEUCH
Adaptado de nonfiction.fr, 18/05/2023.
une subdivision des neurosciences réunissant des chercheurs (\ell. 1-2)
Dans le fragment, le verbe souligné peut être remplacé, sans changement important de sens, par l’expression suivante:
- Aquoique réunit
- Bquand réunit
- Cque réunit
- Dqui réunit
Reportar erro na questão
Ver como caiu na prova
Fonte: UERJ 2027 · 2º Exame de Qualificação. Prova oficial ↗