PRÁTICA COM QUESTÕES OFICIAIS

Questão 20 (2º exame) da UERJ 2012 (francês)

2º exame · Linguagens · Francês: Linguagem figurada, ironia e humor

Texto-base das questões 16 a 21 · 2º Exame de Qualificação

Langage... déplacé !

Pour une mission de travail, j'ai dû intégrer une réunion étrange où chaque ministère disposait d'un représentant louant les mérites de ses actions et rappelant à quel point le ministre en place se sent "impliqué" dès lors qu'une mesure concerne ces autres, dont nous disons à peu près tout et rien à la fois: ces pauvres, ces handicapés, ces immigrés, ces Français d'origine africaine et maghrébine¹.

Autant le dire tout de suite, ces termes n'ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l'opinion publique, les représentants de l'Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu'elle n'ait le temps de réagir. A titre d'exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des "quartiers". Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est "la partie d'une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris". Tout le monde conviendra qu'il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.

Le même processus s'est engagé avec la création des fameuses "personnes issues de l'immigration". Théoriquement, une personne issue de l'immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu'elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l'immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s'agit tout simplement des Français d'origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.

Nous pourrions citer d'autres exemples, comme le feu "plan Marshall"² de la banlieue, né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd'hui rebaptisé "plan Respect-Egalité des chances". En effet, passée l'agitation, quelqu'un a dû suggérer que "plan Marshall", lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n'ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, mais j'imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu'avant de statuer sur "Respect", quelqu'un a soufflé un plan "Wesh Wesh", une Réforme "Yo!" ou encore "Zy-va!", histoire d'être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.

Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan "Respect-Egalité des chances" ne sera pas plus efficace qu'un "plan Marshall", et les Français d'origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être "issus de l'immigration". Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS et autres anglicismes pervertissant la "langue de Molière", mais il semblerait qu'à d'autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l'illusion d'une amélioration pour mieux masquer l'incompétence, la stagnation et, même, la régression.

LZ
www.agoravox.fr

¹ Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l' Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.
² Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l' Europe après la Deuxième Guerre mondiale.

L’ironie – une manière de se moquer en disant le contraire de ce qu’on veut faire entendre – est un procédé utilisé par l’auteure pour exprimer ses opinions.

On peut identifier ce procédé dans:

  1. A
    Pour une mission de travail, j’ai dû intégrer une réunion étrange (\ell. 1)
  2. B
    Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall” de la banlieue, (\ell. 23)
  3. C
    Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, (\ell. 27-28)
  4. D
    Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS (\ell. 38)
Escolha uma alternativa para conferir o gabarito.
Reportar erro na questão
O que está errado?
Sem cadastro: não guardamos quem enviou.
Resolução comentada

Ironia é dizer o contrário do que se pensa, com intenção de zombar. Então é preciso achar, entre as passagens, aquela em que a autora elogia ou lamenta algo que, na verdade, ela critica.

No trecho (C), ela diz que "malheureusement" (infelizmente) não pôde assistir a "ces débats des plus passionnants" (debates dos mais apaixonantes). O que ela pensa de fato é o oposto: os debates para batizar o plano são vazios e ridículos. Prova disso é a frase seguinte, em que ela imagina nomes absurdos como "Wesh Wesh", "Yo!" ou "Zy-va!". Ela não lamenta coisa alguma e não acha o debate passionante; zomba dele dizendo o contrário.

Os outros trechos não funcionam assim:

  1. (A) "réunion étrange" é uma opinião direta, sem inversão de sentido.
  2. (B) apenas cita um exemplo, e "feu" quer dizer "falecido", ou seja, o plano que deixou de existir.
  3. (D) é uma constatação: há protestos contra o SMS, e ela contrasta isso com a falta de protesto contra a deformação política da língua.

Só em (C) o sentido literal é o inverso da intenção da autora.

Alternativa C.

Por que as outras alternativas estão erradas

  • A"réunion étrange" é crítica direta, sem dizer o contrário do que pensa.
  • Bcita um exemplo ("feu" = extinto), sem inversão de sentido nem zombaria.
  • Dé uma constatação factual usada para contrastar com a indiferença à manipulação política da língua.

Assunto: Linguagem figurada, ironia e humor.

Reportar erro na resolução
O que está errado?
Sem cadastro: não guardamos quem enviou.
Ver como caiu na prova Questão 20 no caderno 2º Exame de Qualificação da UERJ 2012

Fonte: UERJ 2012 · 2º Exame de Qualificação. Prova oficial ↗